13 mai 2015

Deux visions de l’État

Par Finances publiques, Gouvernance, Politiques gouvernementales, Science économique

Outre une accélération de la croissance économique, l’économie du XXe siècle a été marquée par la croissance relative de l’État : soixante-dix ans de régime communiste à l’Est et, dans les pays développés, l’implantation et la consolidation de l’État providence ou de l’État assureur. Au Canada, les dépenses publiques ne représentaient respectivement que 15,1 et 21.3 % de la production (ou du PIB) en 1926 et en 1950, contre environ 50 % entre 1985 et 1995, pour se situer à 41,1 % en 2013. De plus, l’intervention gouvernementale ne se limite pas aux seules dépenses publiques.

Dans la deuxième moitié du siècle dernier, les contributions de deux économistes ont marqué l’analyse économique du secteur public. Ce sont Richard A. Musgrave (1910 – 2007) et James M. Buchanan (1919 — 2013) qui partageaient deux visions différentes de l’État. En 1998, il y eut dans une université allemande cinq séances d’échange entre ces deux éminents économistes sur leurs perspectives opposées face à l’État. Le tout fut reproduit dans un livre et est aussi disponible en vidéos⃰.

Lire la suite

11 mai 2015

LA FINANCIARISATION EST-ELLE UNE SUPER BULLE?

Par Analyses structurelles, Économie financière et conjoncture, Investissement

On parle beaucoup de financiarisation depuis quelques années. Pour plusieurs ce terme fait allusion à la pratique des dirigeants et des conseils d’administration des grandes sociétés consistant à donner la préséance à des opérations financières, tels que les rachats d’action ou les placements dans des titres financiers, plutôt qu’à l’expansion des capacités de production ou des débouchés commerciaux de leurs entreprises. Mais la financiarisation peut aussi référer à la place considérable qu’en est venu à prendre le secteur financier dans l’économie.

Lire la suite

5 mai 2015

La Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures

Par commerce international, Institutions, Investissement, Politiques gouvernementales, Science économique

Introduction

 

Suite aux signatures de fondation de la Banque AIIB le 16 mars 2014, et malgré les avis des États-Unis à ses partenaires visant à les inciter à ne pas se joindre a l’AIIB, on y compte maintenant 57 pays membres. Le Luxembourg s’est joint le 11 mars 2015, l’Angleterre le 12 mars, la Suisse le 13 mars et, de toute évidence, le lancement de cette nouvelle institution, à l’instigation de la Chine, est largement acceptée.

Le Canada n’a pas à ce jour indiqué sa décision. Suivre les États-Unis, ou les avis d’un nombre grandissant d’experts en relations internationales qui sont de l’avis que l’on doit changer d’orientation vis-à-vis de l’AIIB, n’est pas la bonne décision, malgré leurs soucis concernant le non respect des droits d’auteur et des brevet et les autres projets à connotation militaire et politique de la Chine (voir E. Economy, The AIIB Debacle: What Washington Should do Now, Council on Foreign Relations le 16 mars 2015)

Lire la suite

4 mai 2015

NOUVELLE QUESTION DE FONDS

Par Finances publiques

Un billet précédent a abordé la question de la rentabilité du Fonds des générations et celle du bien-fondé de reporter dans le futur le remboursement de la dette publique. Les lignes qui suivent portent sur le manque de transparence des états financiers du gouvernement en matière de budget et d’endettement.

Le gouvernement est de plus en plus critiqué pour utiliser une définition de l’équilibre budgétaire qui équivaut en pratique à réaliser un surplus qu’il verse dans le Fonds des générations. À première vue, cette critique est justifiée. Prétendre comme c’est le cas dans le budget 2015-2016 qu’un surplus de 1,7 milliard $ correspond à l’équilibre budgétaire ne peut que générer de la confusion chez les citoyens.

Lire la suite

28 avril 2015

QUESTIONS DE FONDS

Par Finances publiques

Le dernier budget québécois a soulevé des questions dans le public quant à la pertinence de verser dans le Fonds des générations des sommes qui auraient pu être affectées à d’autres fins telles que la réfection des infrastructures, un meilleur soutien au développement économique ou l’atténuation de l’austérité/rigueur qui frappe différents secteurs dont l’éducation et la santé. Ces questions sont légitimes mais le Fonds en soulève d’autres sur le report du remboursement de la dette et sur la manière dont le gouvernement présente ses états financiers et comptables.

Lire la suite