6 décembre 2016

FAUT-IL PRIORISER LES INÉGALITÉS OU LA PAUVRETÉ?

Par Inégalités

Certains confondent la réduction des inégalités et la réduction de la pauvreté. Au Québec, où une loi sur l’élimination de la pauvreté a été adoptée à l’unanimité en 2002 par l’Assemblée nationale, la réduction de la pauvreté est censée être une priorité. Pourtant, malgré d’importants efforts, la pauvreté existe toujours : près d’un ménage québécois sur dix se situe sous le taux de faibles revenus – moins de 50 % du revenu médian[i]. Parmi les familles monoparentales, cette proportion grimpe à un ménage sur quatre.

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28 novembre 2016

LA DIFFICULTÉ DE DONNER DU 110%

Par Croissance, Développement durable, Inégalités

Un billet précédent soulevait l’hypothèse que l’économie mondiale soit aux prises avec le retour de la stagnation séculaire et ce, parce que la croissance démographique a ralenti et que de nouvelles percées technologiques majeures tardent à se manifester. D’autres explications sont aussi possibles et des nuances doivent être apportées quant aux conséquences de cette stagnation éventuelle.

Ainsi, la difficulté des économies développés de renouer avec des taux de croissance de 2% ou plus n’est peut-être au fond qu’une manifestation d’une loi trop souvent oubliée de la science économique, celle des rendements décroissants. Cette loi stipule que, passé un certain stade, les efforts dans une activité ou un secteur donné deviennent de moins en moins productifs.

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23 novembre 2016

LE SPECTRE DE LA STAGNATION SÉCULAIRE

Par Croissance, Cycles économiques, Démographie

Depuis la crise financière de 2008, les gouvernements et les banques centrales ont cherché à redonner aux économies nationales et à l’économie mondiale les rythmes de croissance qu’elles avaient auparavant. Ils ont eu recours à des politiques monétaires très accommodantes qui ont amené certains observateurs à parler de distribution d’argent par hélicoptère, une image évoquée par Milton Friedman dans les années 1960. Ils ont aussi mis en œuvre des politiques budgétaires allant de l’austérité à la prodigalité. Ces tentatives n’ont produit que des résultats décevants jusqu’à maintenant. La croissance demeure poussive un peu partout et certains pays craignent une dynamique déflationniste qui ne ferait qu’empirer les choses. Plusieurs indicateurs témoignent de ce manque de tonus de l’économie mondiale. Ainsi, la figure 1 montre bien que tant les échanges que les investissements mondiaux n’ont toujours pas repris leur rythme de croissance d’avant 2008. Au contraire, ils semblent s’installer dans une léthargie durable.

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24 octobre 2016

MOINS D’INÉGALITÉS = 10 MILLIARDS $ DE PLUS POUR LE 99 %

Par Inégalités

Cela fait 30 ans que les inégalités de revenus de marché augmentent au Québec, par poussées épisodiques. Comme une part de plus en plus importante de la croissance économique s’est concentrée au sommet, le fameux 1 % le plus riche a été le grand gagnant en termes de croissance des revenus : de 1982 à 2012, la part captée par le 1% le plus riche (avant impôts et transferts) est passée de 7 % à 12 % de tous les revenus empochés par les Québécois. Nous allons voir que cette concentration de richesse a coûté cher au reste de la population. 

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16 août 2016

PRODUCTIVITÉ ET RÉMUNÉRATION : UNE COMPARAISON QUÉBEC-ONTARIO

Par , Analyses structurelles, Rémunération

Un article récent de Jules Dufort portait sur les pièges à éviter dans le calcul et l’analyse de la productivité du travail. Il y indiquait que le  niveau de la productivité du travail s’obtient en divisant la valeur de la production par les intrants de travail. En pratique,  on la mesure en divisant le PIB nominal[1] évalué aux prix de base par les heures travaillées. Cet article présentait également les trois conditions de base à respecter pour réaliser des comparaisons entre le Québec et l’Ontario:

▪ les comparaisons doivent se limiter au secteur des entreprises commerciales, ce qui exclut les administrations publiques, les services publics de santé et d’éducation ainsi que les entreprises à but non lucratif;

▪ elles doivent tenir compte des différences de structure industrielle (c’est-à-dire des différences dans l’importance relative des industries)[2]; et,

▪ les prix obtenus par les producteurs de biens et de services doivent être identiques  au Québec et en Ontario.

Depuis la publication de cet article, nous avons obtenu des compilations spéciales de Statistique Canada[3] permettant de comparer adéquatement les niveaux de productivité et la rémunération du travail au Québec et en Ontario, pour dix-neuf industries productrices de biens et services (incluant la fabrication)  et pour les dix-neuf sous-catégories composant l’industrie de la fabrication.

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