6 juin 2019

UNE VIEILLE SAGESSE ÉCONOMIQUE QUI INTERPELLE TOUJOURS

Par Croissance, Inégalités, Science économique

Dans son dernier livre, Paul Collier estime que le capitalisme actuel est une faillite morale et qu’il ne peut être sauvé que par sa refondation sur l’éthique. Collier n’est pas le seul économiste à s’être interrogé sur les écarts entre le libre marché et les principes éthiques nécessaires à la vie en société.

Puisque la science économique a pour objet la production et la distribution de la richesse, elle doit forcément s’intéresser aux comportements des individus, des entreprises et des gouvernements et, pour cette raison, elle peut difficilement éviter de se prononcer sur des questions que l’on peut assimiler à la morale ou à l’éthique. D’ailleurs, de son vivant, Adam Smith était davantage connu pour son ouvrage intitulé La Théorie des sentiments moraux (1759) que pour celui qui l’a rendu célèbre, La Richesse des nations (1776).

Pour Tomas Sedlacek, un économiste tchèque contemporain, la réflexion sur les moyens et les fins de l’économie a commencé bien avant la publication de La Richesse des nations. Après examen des institutions économiques chez les Mésopotamiens, les Hébreux et les Grecs ainsi que chez Augustin et Thomas d’Aquin, Sedlacek avance que c’est à partir d’Alfred Marshall que la science économique s’est éloignée des fondements éthiques et moraux qui guidaient sa démarche depuis l’Antiquité. Selon lui :

L’étude de l’économie a cessé d’être une science morale pour ne devenir qu’une science mathématiquement allocative. […] L’économie en général est devenue étonnamment hermétique aux sciences éthiques dont elle est issue[1]

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23 mai 2019

PAUL COLLIER : CONVERTIR LE CAPITALISME

Par Autre, Croissance

Paul Collier sera conférencier à l’ouverture du congrès de l’Association des économistes québécois (29-30 mai prochain).

Il y a seulement quelques années, le libéralisme économique faisait la quasi-unanimité comme étant le meilleur moyen pour assurer la prospérité et le bien-être du plus grand nombre. Une large partie de l’opinion publique est maintenant autant sinon plus sensible aux méfaits qu’aux avantages de ce que l’on désigne maintenant par son ancienne appellation, plus lourdement connotée, de capitalisme. Celui-ci est de plus en plus perçu comme responsable des problèmes environnementaux qui menacent la vie sur Terre et des  inégalités qui suscitent l’indignation et ouvrent la porte à des politiques de moins en moins démocratiques un peu partout dans le monde. Par ailleurs, les succès économiques persistants de la Chine incitent à penser que l’État peut intervenir dans le fonctionnement des marchés sans nuire à la croissance à long terme de l’économie.

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21 mai 2019

LE PRIX DES MAISONS AU QUÉBEC

Par Jean-Luc Landry Croissance, Démographie

Gérard Bélanger a affirmé  dans un billet récent :

Le déclin relatif de l’économie du Québec se traduit par une baisse de son poids démographique tout en conservant une importante égalisation de la rémunération réelle.

Comment s’est effectuée cette égalisation de la rémunération réelle ? L’économie du Québec est de 10 % à 15 % moins performante que celle de l’Ontario et les salaires nominaux sont aussi de 10 % à 15 % plus bas au Québec qu’en Ontario. Alors comment se fait-il que la rémunération réelle soit comparable entre les deux?  

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13 mai 2019

LES LIENS ENTRE LA DÉMOGRAPHIE ET LA CROISSANCE DANS UNE PETITE ÉCONOMIE

Par Croissance, Démographie

À la veille du congrès annuel de l’ASDEQ ayant pour thème Démographie, immigration et transformation du marché du travail : menaces ou opportunités ? , il m’apparaît approprié de reprendre le billet concernant l’impact macro sur l’économie du Québec de son intégration au monde extérieur.

Dans une économie complètement fermée sur l’extérieur ou autarcique, la quantité des facteurs de production, capital et travail, est fixe et leurs prix varient en fonction des conditions intérieures. Pour une économie ouverte ou intégrée au monde extérieur, c’est le contraire : les prix sont déterminés de l’extérieur et ce sont maintenant les quantités de facteurs qui varient vu leur mobilité. Pour les économistes, ce modèle est celui de la « petite économie ».

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8 mai 2019

FAUT-IL S’ATTENDRE À UNE TAXE SPÉCIFIQUE SUR l’ESSENCE POUR FINANCER LE RÉSEAU STRUCTURANT À QUÉBEC ?

Par Louis Bellemare Développement urbain et régional, transport

À Québec, certaines personnes du milieu politique et des gens d’affaires s’impatientaient dernièrement de ne pouvoir obtenir un engagement du gouvernement fédéral concernant le financement du projet de « réseau structurant de transport en commun ». Selon ce qui est prévu, les gouvernements supérieurs assureraient l’essentiel du financement. Sur les quelque 3,3 milliards de $ que coûterait le projet, le gouvernement du Québec contribuerait à hauteur de 1,8 milliard de $, Ottawa 1,2 milliard de $ et la Ville de Québec 300 millions de $.

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