Économiste

ÉCONOMIE CANADIENNE : FAUT-IL S’HABITUER À UNE CROISSANCE MODÉRÉE?

5 décembre 2013

Vous vous souvenez probablement des croissances annuelles du PIB réel du Canada à 4 % et même 5 % à la fin des années 1990 et en l’an 2000. Ensuite, l’économie a continué de croître, mais moins rapidement, exception faite de 2009 où il y a eu contraction de la production totale. Dans  les meilleures années, la croissance a atteint un peu plus de 3 %, la plus récente, dans cet ordre de grandeur, étant 2010, année à l’intérieur de la période de reprise suivant la dernière récession, où l’on s’attend normalement à une progression relativement rapide de l’activité économique.

En fait, depuis la fin de la récession à la mi-année 2009, l’économie a progressé à un rythme modéré et assez soutenu, comme l’indiquent bien les deux graphiques qui suivent, l’un sur le PIB et l’autre sur l’emploi. Ce n’est pas toujours évident lorsque l’on s’arrête aux chiffres d’un mois ou d’un trimestre à l’autre, mais, ici, la tendance apparait clairement. D’ailleurs, on perçoit bien que, au cours de la phase actuelle d’expansion, cette tendance est semblable à celle observée dans les dernières années de la phase précédente.

Canada : PIB réel, évolution trimestrielle

( données  annualisées, millions $ enchainés 2007)

Source : Statistique Canada

Canada : Emploi total, évolution mensuelle

( en milliers)

Source : Statistique Canada

Cependant, que nous réservent les mois et les années à venir?

Les indicateurs avancés mensuels de l’Institut Macdonald-Laurier et de l’OCDE laissent présager que l’expansion se poursuivra au cours des prochains mois, bien qu’à un rythme allant de modeste à modéré. Les organismes qui publient des prévisions de croissance (FMI, OCDE, Banque du Canada, etc.) estiment que l’activité économique au Canada devrait progresser de plus ou moins 2,3 % en 2014. En 2015, la croissance pourrait être légèrement plus rapide. Ces projections doivent toutefois être tempérées par l’estimation de la Banque du Canada quant à la croissance de la production potentielle; celle-ci n’augmenterait que de près de 2% par année à court et moyen terme*. Ainsi, aucun retour aux années fastes de la fin des années 1990, mais pas non plus de scénario  de stagnation ou de contraction de l’activité économique. Il faut donc continuer de s’accommoder d’une croissance modérée.

Enfin, comme il se doit, ces prévisions de croissance sont enrobées de risques à la baisse et à la hausse en fonction notamment de l’évolution de la conjoncture internationale, de l’accentuation ou non de la désinflation, d’une éventuelle correction importante du marché de l’habitation au Canada ou des conséquences de la dépréciation de la valeur du dollar canadien. Ces risques, et bien d’autres événements à venir non prévus, permettent habituellement d’expliquer pourquoi le scénario de référence ne s’est pas réalisé.

 

*Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire, annexe A, octobre 2013.

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