Professeur honoraire (Université de Montréal) et consultant

LE NOUVEAU CONTEXTE ÉCONOMIQUE EN AMÉRIQUE DU NORD : QUELLES INITIATIVES POUR MONTRÉAL DANS QUELS DOMAINES ET AVEC QUELLES RÉGIONS AMÉRICAINES ?

15 décembre 2013

Une part grandissante de la production et du commerce en Amérique du nord est caractérisée par la coproduction de biens et services par des entreprises situées dans des régions métropolitaines différentes lesquelles participent aux mêmes chaînes de valeur ajoutée. Le contenu américain des importations américaines provenant du Canada et du Mexique est de 25%.

Les liens entre les régions métropolitaines

Les biens et services de haute valeur ajoutée impliqués se retrouvent pour presque la moitié, dans les produits et plastiques, la machinerie et les outils, l’électronique les véhicules moteurs et leurs pièces et les autres équipements de transport dont les avions ainsi que dans nombre de services, dont certains sont essentiels au commerce des biens.

Les entreprises cherchent à maximiser leur efficacité et réduire leurs couts en localisant différentes tâches impliquées dans la production dans différents endroits dont les régions métropolitaines de l’Amérique du Nord.

Un examen de la géographie du commerce nord américain indique que les régions métropolitaines sont les lieux de coproduction des biens et services concernés.

Il est dont indiqué de connaitre les localisations, les spécialisations et les réseaux de production impliquant les régions métropolitaines.

Une nouvelle banque de données, mise au point par le Economic Development Research Group pour la Brookings Institute a partir des données de WISER nous permet de connaitre et ce par groupe de produits, les exportations et importations des 33 régions métropolitaines canadiennes, dont Montréal, et ce en relation avec leurs 399 contreparties américaines et mexicaines pour l’année 2010. Ces régions métropolitaines sont responsables de 58% de la valeur des biens échangées entre les États-Unis, le Canada et le Mexique en 2010. Elles sont responsables de 69% des biens échangés dans 6 industries dont l’aérospatial, les autos, l’électronique, la machinerie, les produits pharmaceutiques et les instruments de précision.

Detroit et Toronto dans le secteur automobile, San Jose et Mexico City dans l’électronique, Seattle et Montréal dans l’aérospatial voilà des liens et chaînes de valeur ajoutée qui soulignent toute l’importance du rôle des régions métropolitaines pour promouvoir le développement économique durable de nos pays.

Connaitre et favoriser ces relations pourrait être indiqué pour tenir compte du phénomène de rapatriement de la production vers l’Amérique du nord qui se manifeste, quoique de façon mitigée pour l’instant. La co-production par des entreprises de différentes régions métropolitaines est un phénomène à favoriser dans la politique commerciale de Montréal.

Quelques données pour commencer l’examen de la carte du commerce nord-américain de Montréal

La région métropolitaine de Montréal aurait exporté pour 19,902 $U.S. aux États-Unis en 2010 et en aurait importé 25, 629$ millions $ U.S.

Les principales régions métropolitaines américaines pour les exportations de Montréal sont dans l’ordre (nous connaissons aussi la valeur et la composition par groupe de produits des exportations selon la ville) sont : New York, Chicago, Dallas, Los Angeles, Houston, Seattle, Philadelphie, Washington, Boston et Atlanta.

Montréal importe surtout des régions américaines : New York, Detroit, Chicago, Houston, Dallas, Los Angeles, San Jose, Boston, Philadelphie et Seattle.

L’examen de la composition des exportations et importations et des balances commerciales entre Montréal et ces régions américaines nous aiderait à approfondir nos chaînes de valeur ajoutée entre entreprises, et en conséquence leur compétitivité.

Cinq groupes d’industries sont responsables de 47% du commerce de Montréal avec les États-Unis (la donnée pour Toronto est de 54% et pour l’ensemble du Canada de 41%).

Montréal à un surplus commercial dans le groupe autres équipements de transport dont l’aéronautique (exportations de 2762 millions de $ U.S. et importations de 1998 millions de $ U.S.) et des déficits dans les autres industries importantes dont les produits chimiques et les plastiques, la machinerie et les outils, l’électronique, les véhicules moteurs et pièces.

Dans le groupe de produits électroniques, les exportations de Montréal vont vers les 10 principales villes américaines suivantes : New York (91,2millions $ U.S.) ; San Jose, Chicago, Boston, Houston, Los Angeles, Dallas Washington, Philadelphie et Austin (26,1millions $ U.S.).

Les importations dans ce groupe proviennent de : San Jose (412.0 millions de $ U.S.); Boston, Dallas, Austin, New York, Portland, Los Angeles, Chicago, Phoenix, et Houston (100,9 millions $ U.S.

Les exportations de Montréal dans le groupe des autres équipements de transport dont les avions sont destinées aux régions métropolitaines suivantes : Seattle ( 328.9 millions $ U.S.); Dallas, Wichita, Hartford, Los Angeles, St. Louis, Cincinnati, Philadelphie, Atlanta et Bridgeport.

Conclusion

A la mi novembre, les villes de Chicago et Mexico City ont conclu une nouvelle entente qui annonce des initiatives conjointes des les domaines du commerce, de l’innovation, de l’éducation de la promotion des leurs industries compétitives…

Une entente s’inspirant d’un examen approfondi (il faudrait aller au-delà de ce que permet l’analyse des nouvelles données examinées sommairement ci-haut) des flux de commerce et de la production et consommation métropolitain et du rôle de Montréal et de ses partenaires comme villes de transit permettrait établir des partenariats stratégiques avec les institutions et entreprises des régions métropolitaines américaines choisies.

L’existence de grappes industrielles à Montréal et de leurs liens avec les autres régions du Québec lesquels sont toujours à soigner, en fait des acteurs importants dans la mise au point de cet élément de la politique commerciale et économique que nous évoquons pour Montréal.

Pierre-Paul Proulx, Professeur Honoraire, Université de Montréal

Le 1 décembre, 2013

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