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19 mai 2014

Devrions-nous bannir de notre vocabulaire le mot productivité ?

Par Gérard Bélanger Science économique

Le thème de la productivité est énormément utilisé dans les commentaires économiques. Cependant, il fait souvent l’objet de propositions tautologiques. La productivité est un simple rapport entre le volume de la production et la quantité des facteurs utilisés pour la réaliser. Rien n’est plus simple et il est sûrement permis de sourire devant la ‘profondeur de pensée ‘ des citations suivantes :

« Il faut désormais accorder la priorité à l’obtention d’un meilleur taux de croissance du revenu réel des Canadiens. La chose est possible, et l’une des meilleures façons d’y parvenir est d’améliorer la productivité.» (Conseil économique du Canada, Dix-septième exposé annuel : un climat d’incertitude, 1980; 135)

« La productivité est un des déterminants les plus importants de la croissance économique à long terme… La prospérité économique future du Québec dépendra donc en grande partie de son habileté à relever le défi de la productivité ». (McIntosh et Martin, 2004 : 1)

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11 mai 2014

L’impôt sur le revenu des particuliers devrait-il changer de nom?

Par Gérard Bélanger Finances publiques, Fiscalité

NDLR  : Compte tenu de l’annonce d’une commission d’enquête sur la fiscalité nous avons cru utile de reproduire un billet déjà publié sur le sujet le 9 décembre 2011.
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Au sujet d’une réforme de la structure de la taxation, une recommandation courante est la suivante : « il faut absolument éviter d’alourdir les impôts sur le revenu… (et) orienter la ponction fiscale de l’État vers les formes d’imposition les moins dommageables pour la croissance économique, soit notamment les taxes à la consommation. »

Au milieu de la dernière décennie, des modèles d’équilibre général des ministères des Finances fédéral et québécois confirmèrent le bien-fondé de la recommandation : le coût excédentaire ou d’efficacité à long terme d’un dollar supplémentaire de taxation fédérale était estimé à 0,3 pour l’impôt sur le revenu des particuliers contre 0,1 pour la taxe à la consommation. Pour le Québec, à cause de la plus grande ouverture de l’économie, les coûts d’efficacité d’un dollar supplémentaire de taxation étaient plus élevés : 0,74 pour l’impôt sur le revenu des particuliers et 0,54 pour la taxe de vente québécoise.

Contrairement à la recommandation de privilégier les taxes à la consommation et aux estimés des modèles, cette courte note vise à prendre conscience que pour la classe moyenne, l’impôt sur le revenu des particuliers devient principalement un impôt sur la consommation. En effet, les rendements des deux formes de placements ou d’investissements les plus populaires échappent à l’impôt sur le revenu. Il s’agit du traitement fiscal de l’épargne-retraite et du capital placé dans sa propre résidence.

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