Dans la catégorie Économie financière et conjoncture

21 décembre 2020

LES TAUX ANNUALISÉS DE VARIATION TRIMESTRIELLE DU PIB : DE L’EXAGÉRATION À LA SUPERCHERIE

Par Croissance, Cycles économiques, Économie financière et conjoncture, Indicateurs

Ramener en rythme annuel la variation trimestrielle en pourcentage du produit intérieur brut réel (PIB) vient habituellement gonfler artificiellement les faits[1]. En ces temps de pandémie où l’activité économique connaît des fluctuations importantes d’un mois ou d’un trimestre à l’autre, l’annualisation des taux fictionnalise la réalité. La revue The Economist a récemment indiqué que ces taux sont «…astonishing and misleading…».[2]

Les taux annualisés quadruplent les variations d’un trimestre à l’autre[3]. Ils donnent une idée de ce que serait le pourcentage de variation annuelle du PIB, si le taux de variation d’un trimestre se répétait à chaque trimestre de l’année, ce qui est illusoire puisque ce n’est pas le cas en pratique[4].

Lire la suite

4 mai 2020

NOMMER LES RÉCESSIONS EN TENANT COMPTE DE LEURS CARACTÉRISTIQUES

Par Cycles économiques, Économie financière et conjoncture

Dans son ouvrage «Narrative Economics»[1], Robert J. Shiller indique que, en 1978, l’économiste Otto Eckstein a publié un livre sur la récession de 1973-1975 aux États-Unis, dont le titre est «The Great Recession», vraisemblablement pour la rapprocher, par analogie, de la Grande dépression des années 1930. La même expression a été utilisée, au début des années 1980, pour désigner la période regroupant la courte récession de 1980 et celle, majeure, de 1981-1982. Elle est devenue «virale», selon Shiller, pour référer à la récession de 2007-2009.

Au Canada, des analystes ont importé des États-Unis l’expression « La Grande récession» pour désigner la récession de 2008-2009. Toutefois, lorsque l’on examine la durée, l’ampleur et la portée des contractions de l’activité de 1981-1982, de 1990-1992 et de 2008-2009, elles sont globalement équivalentes. D’ailleurs, un document émanant du Conseil sur les cycles économiques de l’Institut C.D. Howe[2] indique que, sur une échelle de un à cinq, ces trois récessions obtiennent chacune une cote  quatre.

Lire la suite

21 mars 2017

LA BANQUE DU CANADA EST-ELLE À COURT D’ARGUMENTS?

Par Jimmy Jean Économie financière et conjoncture

Inquiète de certains signes de fragilité dans l’économie canadienne, et surtout de la menace protectionniste américaine, la Banque du Canada (BdC) a adopté un ton particulièrement prudent depuis l’automne. Le gouverneur Stephen Poloz a même, à quelques reprises, laissé entendre qu’une baisse de taux n’était pas à écarter. Or, autant sur la croissance économique, l’inflation, l’évolution du marché de l’emploi et l’habitation, les indicateurs économiques ont surpassé les anticipations de manière assez persistante. Ce Point de vue économique analyse la question de savoir si un changement de ton est à l’horizon pour la BdC. À notre avis, il est possible qu’elle reconnaisse une certaine amélioration des perspectives, mais elle a encore des motifs valables pour s’en tenir à la prudence.

Lire la suite

11 juillet 2016

LE PUZZLE DE LA PRODUCTIVITÉ

Par Jean-Luc Landry Analyses structurelles, Économie financière et conjoncture, Indicateurs, Inégalités

Les économistes sont confrontés à un dilemme depuis quelques années. Ils se demandent comment il se fait que la croissance de la productivité ait été si faible dans les pays avancés, comme les États-Unis, ceux d’Europe et le Japon depuis la grande récession de 2008-09, alors qu’on a vu apparaître un nombre incroyable d’innovations. Ce problème a été nommé ‘the productivity puzzle’.

Lire la suite

22 juin 2015

Prévisions et changements institutionnels

Par Gérard Bélanger Analyses structurelles, Démographie, Économie financière et conjoncture, Institutions, Retraites, Santé, Science économique

Un récent blogue a montré comment la largeur des intervalles de confiance ou la pluralité des possibles diminuent la crédibilité des prédictions précises en utilisant comme exemple les prévisions macroéconomiques de courte période. Sur une plus longue période, une autre variable mine leur crédibilité : les sociétés ne ressemblent pas à des rochers mais plutôt évoluent, souvent très rapidement, en rendant caduques les ‘certitudes’ prévisionnelles.

Certains domaines changent moins rapidement que d’autres. C’est généralement le cas pour les phénomènes démographiques, les personnes vieillissant un an à la fois. Même là, les évolutions ne sont pas invariables, comme en témoignent les deux cas suivants qui ont un impact sur les régimes de retraite publics et privés.

Lire la suite