Dans la catégorie Santé

8 mars 2015

ALBERT HIRSCHMAN : DÉFECTION, PRISE DE PAROLE ET LOYALISME

Par Gérard Bélanger Institutions, Santé, Science économique

La mort d’Albert Hirschman en décembre 2012 et la publication d’une imposante biographie quelques mois plus tard ont remis en évidence ses nombreux écrits. Parmi ceux-ci, il y a un petit livre publié en 1970 qui eut un impact dans les sciences sociales avec plus de seize mille citations : Exit, Voice and Loyalty. Responses to Decline in Firms, Organizations and States. [La même traduction se retrouve sous trois titres différents, Face au déclin des entreprises et des institutions (1972), Défection et prise de parole. Théorie et applications (1995) et Exit, voice, loyalty. Défection et prise de parole (2011)].

Les processus décentralisés des marchés, qui sont fort étudiés par les économistes, favorisent la voie de l’exit ou du vote par les jambes pour manifester son mécontentement. Si je ne suis pas satisfait de mon supermarché (Métro par exemple), je ne prends pas l’initiative d’une pétition ou d’une contestation; je vais tout simplement chez un concurrent (comme Provigo), en faisant une action individuelle.

Les processus politiques, qui intéressent les politicologues, mais pas d’une façon exclusive, concernent des décisions de groupes. Le citoyen doit prendre la voie de l’action collective pour exprimer ses préférences. Au lieu de l’exit ou de la mobilité, il doit recourir à la prise de parole, qui va jusqu’à des manifestations vociférantes.

Lire la suite

23 novembre 2014

L’hôpital et l’université : deux bureaucraties professionnelles

Par Gérard Bélanger Gouvernance, Institutions, Politiques gouvernementales, Santé, Science économique

L’hôpital et l’université sont deux institutions similaires. Au Québec, elles sont toutes les deux financées et contrôlées par le gouvernement. De plus, si on les regarde de l’intérieur, elles constituent des bureaucraties professionnelles.

Lire la suite

9 novembre 2014

L’ACCESSOIRE DOMINE-T-IL LE PRINCIPAL ?

Par Gérard Bélanger Évaluation, Institutions, Santé, Science économique

L’avancement en âge favorise un travail d’introspection, comme se questionner si, en maintes occasions, des objectifs accessoires ou marginaux auraient dominé le principal ou l’essentiel. Si cette question est pertinente pour un individu, ne s’applique-t-elle pas aux différentes institutions ?

L’anecdote suivante, venant d’un professionnel de Statistique Canada, illustre bien l’à-propos d’une telle interrogation. Dans le cadre de son travail, il demandait à un vice-président et économiste en chef d’une grande banque canadienne si Statistique Canada devrait entreprendre des prévisions de court terme. Ce dernier, regardant le sol de la fenêtre de son bureau du haut d’un gratte-ciel, lui donna la réponse négative suivante : « Autour d’ici, il y a des dizaines de bureaux qui font des prévisions économiques, mais il y a une seule institution dont le rôle est la production de «hard data» (données fiables). C’est Statistique Canada ». À cause de l’importance du sujet de la précision des données, qui intéresse d’ailleurs peu les économistes, Statistique Canada ne devrait-elle pas y donner plus de priorité ?

Lire la suite

21 avril 2014

La contre-sélection dans une assurance santé collective

Par Gérard Bélanger Institutions, risque, Santé, Science économique

Le besoin d’assurance provient du désir de se prémunir contre une forte variabilité des conditions futures ou contre des situations catastrophiques. L’assurance répond donc à un besoin : se prémunir contre des risques importants. Outre les coûts administratifs, elle soulève deux problèmes majeurs : l’action cachée et l’information cachée.

Bien que ce blogue s’intéresse à un exemple concret d’information cachée, il est utile d’étudier brièvement l’action cachée. L’adhésion à une assurance modifie le comportement de l’assuré. L’assurance contre le vol diminue pour lui l’intérêt que pourrait présenter l’achat d’un système de protection sophistiqué, car les avantages d’un tel système sont alors considérablement réduits. C’est ce qu’on appelle l’effet de l’action cachée ou encore : le risque subjectif, le risque ou aléa moral, l’effet de prix pour l’économiste.

Le problème de l’action cachée est amplifié dans le cas des assurances qui ne se limitent pas à la protection contre des conditions futures très variables entre individus ou contre des situations catastrophiques. Ainsi, l’assurance maladie et l’assurance hospitalisation publiques, que nous connaissons, ne se limitent pas à protéger le citoyen contre des risques dont les coûts seraient élevés, mais rendent gratuits tous les soins de services de santé concernés. Elles en augmentent ainsi la quantité demandée de soins.

Lire la suite

10 décembre 2013

LES DÉPENSES EN SANTÉ : UN ENJEU DE LONG TERME

Par Jean-Yves Duclos Analyses structurelles, Finances publiques, Santé

Le budget 2013-2014 du Gouvernement du Québec évaluait les dépenses publiques en santé (et services sociaux) à 31,3 milliards de dollars, soit 42,9% des dépenses publiques totales du gouvernement du Québec. Étant donné l’ampleur de ces dépenses, il est naturel de se préoccuper de leur évolution prévisible, d’autant plus qu’il est anticipé que la croissance de la population, son vieillissement et l’augmentation soutenue des coûts structurels des soins de santé exerceront une pression significative sur ces dépenses au cours des prochaines années.

Lire la suite